Death road (30 avril)
C'est avec un peu de tristesse que j'ai terminé mon stage fin avril. J'ai réellement reçu un accueil exceptionnel de la part de mon équipe de travail et l'expérience s'est révélée plus qu'enrichissante. Je n'ai pas fait d'adieux officiels puisque je retournerai à Sucre vers la fin de mon voyage et maintenant... c'est les vacances!
Les filles de Potosí, n'en pouvant plus du froid de la ville la plus haute de Bolivie, fantasmaient depuis leur arrivée sur un supposé petit coin de paradis appelé Coroico, à 3 heures de bus au Nord de La Paz. C'est donc là qu'on avait décidé de faire le plein de palmier/bikini/piscine pour bien commencer nos vacances. Le seul hic, c'est que pour aller à Coroico, il y a un passage obligé par la "route la plus périlleuse du monde". Vous remarquerez qu'en Bolivie, tout est "le ou la plus -remplir cet espace avec le qualificatif de votre choix- du monde".
En effet, en 80km on descend de plus de 3000m sur une route de gravier d'environ 3 mètres de large pour les deux voies! Évidemment, d'un côté de la route il y a la montagne et de l'autre le ravin. Selon la rumeur, il existerait une nouvelle route asphaltée et beaucoup moins dangereuse mais on ne l'a jamais trouvé. Alors que mes copines voyaient là une occasion de mettre un peu de piquant dans nos vacances, j'avoue que je me demandais un peu dans quoi je m'étais embarquée, sachant qu'en moyenne 26 véhicules par année basculent dans le vide à cet endroit. Mais puisque c'était le seul moyen de se rendre, quand il faut y aller, il faut y aller.
Question de me rassurer, pas moins de 25 minutes après le départ, on fait notre première crevaison. Quand j'ai vu le chauffeur de notre mini-bus changer le pneu avec un pneu "fesse" je me suis dit que tant qu'à faire, aussi bien me lancer dans le vide tout de suite puisque visiblement on allait faire partie des statistiques! Finalement, on est retourné au terminus pour changer de véhicule, à mon plus grand bonheur.
Commence alors un 3 heures de "hiiiiiiiii" "houuuuuuuuu" "oh shit" dans ma tête, sans compter mes ongles qui sont restés bien ancrés dans mon siège du début jusqu'à la fin du trajet. En plus, j'étais aux premières loges, assise à côté du chauffeur. Ce qu'il faut aussi savoir, c'est que sur cette route, les véhicules qui descendent doivent garder leur gauche (côté falaise) puisque c'est eux qui voient le mieux leurs roues extérieures. Quand on rencontrait un bus qui venait dans le sens inverse, il fallait se trouver un bout de route un peu plus large et le laisser passer. Dans la plupart des cas, la route était tellement étroite qu'on se tenait pratiquement dans le vide. Quelle joie, quelle allégresse! Enfin, pour agrémenter le voyage, des croix étaient dispersées ça et là sur le bord de la route, témoignant des nombreux accidents mais rappelant surtout que ce n'est pas le moment idéal pour que la direction ou les freins du bus lâchent.
Ça m'a pris quelques minutes pour me décrisper quand j'ai posé le pied à Coroico mais la vue des palmiers m'a réconcillié avec la vie!

1 Comments:
Décidément, il n'y a pas de risque trop important quand il est question d'aller se faire dorer au soleil! Tu en parleras à Lucie, on a suivi en Chine une route de montagne sinueuse qui ressemble étrangement à celle que tu décris. Au tournant d'une courbe, un camion avait pris le "champ" (soit un espace de quelques mètres entre la route et la montagne), les roues d'en avant avaient changé d'axe, et je me demande encore où était rendu le véhicule qu'il avait percuté... C'est là que je me suis dit : "Au moins, je vais mourir en bonne compagnie!"
Profite bien de tes vacances Jude!
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